Thomas VILOTEAU

Présent sur l’académie internationale, il se produira en récital, le dimanche 25 octobre 2026, à l’Auditorium de la Maison de la musique et de la danse 

Thomas Viloteau brouille les pistes de la guitare classique. Ses concerts laissent une empreinte indélébile chez ses auditeurs, et son approche envers l’instrument, la musique et la pédagogie contribue depuis dix ans à forger une nouvelle image de la guitare dite ‘classique’ : libre, moderne et ancrée dans l’histoire.

A 6 ans, son père lui met un violon entre les mains et tente de lui apprendre la tenue de l’archet et la position des notes. Il abandonne presque immédiatement. A 10 ans il apprend quelques notes sur la flûte à bec, sans grand enthousiasme. A 11 ans ses parents lui offrent un harmonica, mais rien ne se passe. A 12 ans il décide qu’il devrait peut-être s’inscrire à l’école de musique locale, pour s’occuper. Parce qu’il a vu un un musicien jouant de l’harmonica et de la guitare en même temps à la télévision, son choix s’arrête sur cet instrument qu’il n’a alors jamais touché. Le premier cours ne présente aucune difficulté. A la différence du violon, les cases sur le manche lui donnent l’impression de tricher. Et sans y penser, il se met à dévorer toutes les études qu’il trouve, son professeur lui demandant de venir deux fois par semaine dès ses débuts.

De là, tout s’enchaîne très vite. En moins de huit ans, il fournit plus de dix mille heures de travail. Il voyage sur le voilier familial de la Provence à Barcelone et Paris. Puis il s’engouffre dans le circuit presque obligé des concours, enchaine les premiers prix et en 2006, à 21 ans, remporte le graal de la Guitar Foundation of America. Alors, sur un coup de tête un peu comme il avait commencé, il décide d’abandonner, par overdose. Cinq mois silencieux s’écoulent, mais l’instrument l’envoûte de nouveau et il part au Canada enregistrer son premier CD chez Naxos, avant de s’embarquer dans une tournée de 50 concerts en Amérique du Nord. Après plus de dix ans à tourner, il est maintenant plus accro que jamais.

Voyageur aguerri, il déménage de ville en ville de Barcelone à Paris, San Francisco, New York, Londres, Tucson, Montréal et Rochester. Il écrit un livre de technique de la guitare moderne à 25 ans, ‘Dans la Boîte Noire, Technique(s) de la Guitare Classique’, traduit en Anglais et qui s’est vendu à plus d’un millier d’exemplaires sur son site web uniquement. Il retourne sur les bancs de l’école pour compléter un Master puis un Doctorat. Il repart affronter ses collègues au concours Francisco Tárrega en 2012, qu’il remporte. Il gagne le prix Northern Trust/Piper Enrichment Award en 2013 qui lui permet de commander la Suite Brasileira 3 au compositeur Sergio Assad, qu’il enregistre en première mondiale en 2015. Il est le seul guitariste à être nommé prix Arthur Foote de la Harvard Musical Association en 2016. Il est Artiste en Résidence de l’émission Performance Today en 2017, qui diffuse ses interprétations sur près de 300 radios à un public de plus d’un million de personnes aux Etats-Unis. En 2019, il rejoindra la faculté de guitare du Peabody Institute à Baltimore.

La guitare ‘classique’ n’en est pas une pour Thomas Viloteau et il emmêle avec malice des répertoires diamétralement opposés dans ses six cordes en nylon (ou plus précisément, en fluoro carbone). Il se métamorphose à chaque pièce qu’il interprète, en adaptant sa technique de main gauche, le son de sa main droite, ses choix de phrasés et d’articulations en fonction des pratiques en vigueur dans chaque époque et répertoire. Et quand l’instrument le limitera, il le troquera pour une guitare acoustique, romantique, ou baroque…